Clients pénalisés = putes assassinées !


Action du 22 novembre 2014 :

 

Communiqué de l’action du 22 novembre 2014 :

Ce samedi 22 novembre 2014, le Collectif 8 Mars Pour Toutes a déployé une banderole « Clients pénalisés = putes assassinées » au départ de la manifestation organisée par le CNDF et d’autres structures à l’occasion de la Journée Internationale contre les Violences faites aux Femmes.

La banderole, portée sur 2 scooters par 3 femmes et un homme trans, a été violemment arrachée par 4 hommes cisgenres du service d’ordre de la manifestation abolitionniste.
Nous entendions par ailleurs déverser du faux sang sur le trajet de la marche, symbolisant ainsi le sang des putes mortes assassinées par les mesures répressives soutenues par les abolitionnistes. Les forces de l’ordre se sont interposées et ont violemment empoigné les militantEs : le CNDF envoie ses hommes et la police attaquer les féministes qui portent un autre message politique que le leur.
Par ces actions, le Collectif entend rappeler aux organisateurs/trices de la manifestation que la mesure de pénalisation des clients des putes, que le CNDF et ses alliéEs défendent ardemment est une mesure sexiste, qui mettra en danger une population majoritairement composée de femmes : les travailleuses du sexe.
Cela fait plusieurs années que le CNDF s’obstine dans cette voie, bien que cette revendication ne fasse pas consensus au sein des mouvements féministes, et soit décriée par l’ensemble des structures de santé, de santé communautaire et de lutte contre le sida. Une fois de plus, nous prenons acte de cette division assumée, nous connaissons nos ennemiEs.
Alors que pas plus tard que jeudi, la police a raflé de nombreuses travailleuses du sexe sans papiers à Belleville et au bois de Boulogne en vue de les expulser, le soutien à cette proposition de loi criminelle est obscène.
Cette fois-ci encore, le Collectif 8 Mars Pour Toutes entend rappeler aux « féministes » institutionnelles, proches du pouvoir, soutenues par les media, que revendiquer la pénalisation des clients, c’est marcher dans le sang des putes.

 

Action du 23 novembre 2013

 

Communiqué de l’action du 23 novembre 2013 face à la manif du CNDF :

Le déploiement s’est fait du haut de 2 cabines téléphoniques qui se faisaient face rue de Rennes.

Journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes: notre indignation n’est pas sélective !

Alors que les violences envers les femmes ne cessent d’augmenter, et malgré un appel du CNDF (collectif national pour les droits des femmes) qui se voulait large, la manifestation du 23 novembre contre les violences faites aux femmes n’a rassemblé que quelques centaines de personnes, et s’est focalisée exclusivement sur l’abolition de la prostitution et la pénalisation des clients. Cette insistance sur la pénalisation des clients de la prostitution a non seulement provoqué le désistement d’une partie des organisations féministes, syndicales et politiques, mais surtout semble avoir découragé de nombreuses femmes de participer à cette mobilisation.
Les violences envers les femmes, toutes les femmes, sont loin de cesser. Aujourd’hui, une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son conjoint, alors qu’il y a un an ce chiffre était d’une femme tous les trois jours ; les agressions de femmes musulmanes portant le foulard se multiplient, dans un climat d’islamophobie décomplexée. La précarité des femmes, aggravée par les politiques d’austérité, les rend plus vulnérables aux violences. Les politiques répressives, notamment en matière d’immigration et de travail sexuel, constituent pour de nombreuses femmes autant d’entraves à l’accès à leurs droits.
L’indignation du collectif 8 mars pout toutes n’est pas sélective. Dès la veille de la manifestation nous avons collé le long du parcours des affiches dénonçant les agressions de femmes voilées, et rappelant que « avec ou sans foulard, nos corps nous appartiennent ». Au départ de la manifestation, nous avons déployé une banderole pour rappeler que la pénalisation des clients des travailleuses du sexe entraînerait plus de violences envers celles-ci : « clients pénalisés = putes assassinées ». Nous avons également déversé du faux sang à la fin du parcours, symbolisant le sang des travailleuses du sexe dans lequel marchent celles qui défendent la proposition de loi de pénalisation des clients.
Face à un féminisme excluant, nous proposons de construire un féminisme qui soit une pensée et une pratique de lutte pour l’émancipation de toutes les femmes, et qui parte de la parole des premières concernées : putes, gouines, femmes portant le foulard, trans, handicapées, racisées, migrantes, précaires… Nous sommes les actrices de notre émancipation, et nous n’attendons pas que l’Etat ou la police nous libèrent.